Perdre du poids
3 avril 2020

Je fais tout ce qu’il faut, mais je ne perds pas de poids : pourquoi ?

Pour perdre du poids, il y a dans la grande majorité des cas un travail à réaliser sur les habitudes alimentaires : composition des aliments, apport calorique (trop élevé ou pas assez), grignotages “inconscients”, rapport à la nourriture, etc. Pour y remédier, le naturopathe vous aide à repérer les combinaisons et habitudes alimentaires néfastes et à les remplacer progressivement par des alternatives favorables à une perte de poids saine et durable, tout en limitant autant que possible la frustration.

Au delà des habitudes alimentaires, on sait également que la sédentarité ou encore certains gènes pourraient expliquer la prise de poids, ou la difficulté à en perdre.

Mais la gestion du poids n’est pas qu’une simple question de génétique, d’exercice ou d’apport calorique. C’est un problème multifactoriel et complexe. Des facteurs hormonaux, digestifs ou émotionnels peuvent perturber l’équilibre du poids, et empêcher d’atteindre des résultats à la hauteur de nos efforts.

Dans cet article je parle des principaux déséquilibres de l’organisme qu’il faut corriger en parallèle des efforts sur plan alimentaire et l’hygiène de vie, pour réaliser une perte de poids efficace. 

Avertissements :

  • Seul le médecin est habilité à poser un diagnostic. Si vous pensez vous reconnaître dans certaines des descriptions de cet article, consultez votre médecin.
  • Pour corriger ces déséquilibres, s’ils vous concernent, vous aurez besoin de l’accompagnement d’un professionnel de santé, que ce soit votre naturopathe, votre médecin ou un micronutrionniste, voire plusieurs d’entre eux selon votre choix. Faites vos propres recherches, mais ne vous aventurez pas à utiliser des compléments, plantes ou autres produits, sans l’avis d’un professionnel de santé. Le résultat en serait au mieux moins efficace, et au pire dangereux pour votre santé.

Déséquilibres micronutritionnels

C’est quoi les micronutriments ?

Parmi les micronutriments, on retrouve les vitamines, les minéraux (fer, calcium, …), les acides gras (oméga 3, …) et les oligo-éléments (zinc, sélénium, …). Ils sont apportés par l’alimentation et sont indispensables au bon fonctionnement de l’organisme, et notamment aux réactions qui entrent en jeu dans la perte de poids. 

A titre d’exemples :

  • Les vitamines du groupe B, notamment B6 / B9 / B12, sont indispensables au processus de détoxification hépatique. Sans elles, la détox ne se fait pas correctement et l’organisme s’encrasse.
  • Les statuts en iode, en fer, en zinc et en sélénium ont un impact sur le bon fonctionnement de la thyroïde qui a un rôle majeur dans la gestion du poids (voir paragraphe suivant)
  • Les oméga 3 freine la lipogenèse (stockage de graisses) et favorisent la lipolyse (action brûle-graisse). Ils contribuent également à diminuer l’inflammation de bas grade préjudiciable à la perte de poids. Ainsi les régimes amaigrissants prônant une restriction sur tous les lipides ont l’effet inverse de celui recherché : le corps se met alors à stocker les graisses et souffre d’inflammation chronique.

Comment savoir si je suis en déficit, et de quels micronutriments ?

  • On regarde bien sûr la composition de l’assiette et on repère les micronutriments manquants. Mais on regarde aussi les habitudes de vie (sport, stress, sommeil, …) ou les situations (grossesse, maladie, …) qui peuvent renforcer les déficits micronutritionnels.
  • Dans certains cas votre médecin peut vous prescrire un bilan sanguin afin de vérifier les déficits suspectés.

Ces déséquilibres micronutritionnels peuvent être en partie corrigés par des changements alimentaires, mais il est parfois nécessaire de mettre en place une complémentation à durée déterminée afin de soutenir les apports alimentaires. 


Déséquilibre de la thyroïde

L’action de la thyroïde est de maintenir notre métabolisme à l’équilibre. Lorsque la thyroïde fonctionne en sous-régime (hypothyroïdie), le métabolisme est ralenti et la perte de poids est largement freinée, malgré une alimentation équilibrée. 

La thyroïde est dépendante de nombreux facteurs, dont les statuts en iode, en fer, en zinc et en sélénium. Parmi les autres facteurs on retrouve également (entre autres) l’âge, le fonctionnement hépatique, l’inflammation et le stress. 

La santé de la thyroïde se mesure via un bilan sanguin prescrit par votre médecin. Si ce bilan montre des taux en dehors des normes santé, ou évoluant progressivement en dehors de ces normes, c’est l’ensemble des facteurs situés ci-dessus qu’il faudra regarder de plus près.


Déséquilibre de la flore intestinale

Mécanismes

Chez les personnes en surpoids, les bactéries qui composent la flore intestinale seraient moins nombreuses et moins diversifiées que chez les personnes avec un poids dit normal. Ce déséquilibre du microbiote induirait :

  • Une récupération de calories plus importante, donc une prise de poids ou une difficulté à perdre du poids.
  • Des complications métaboliques, comme une inflammation de bas grade, voire un syndrome métabolique ou du diabète. 

De nombreux facteurs influencent l’état de notre microbiote depuis notre naissance : naissance par voie basse ou par césarienne, allaitement, prise d’antibiotiques, stress, alimentation, etc.

Ce déséquilibre de la flore intestinale est souvent accompagné de symptômes : troubles du transit, ballonnements, douleurs intestinales, difficultés de digestion, etc. Cependant parfois il est quasiment asymptomatique, ce qui le rend moins évident à déceler pour la personne.

Prise en charge

La bonne nouvelle, c’est qu’un microbiote en dysbiose (déséquilibré) peut revenir à l’équilibre et aider à la perte de poids grâce à une modification du régime alimentaire et à une complémentation, notamment en probiotiques et éventuellement en prébiotiques. On sait aujourd’hui que certaines souches de probiotiques favorisent la perte de poids plus que d’autres. Il est donc essentiel de bien choisir ses probiotiques en vue d’avoir une action efficace sur la perte de poids.


Inflammation

Le surpoids est accompagné d’une inflammation chronique engendrée par le tissus adipeux, qui a de nombreuses répercussions sur l’organisme :

  • Elle bloque la sensibilité à la leptine, une hormone sécrétée par nos tissus adipeux en charge d’envoyer au cerveau le signal de satiété, et donc de freiner l’appétit.
  • Elle diminue la sensibilité de notre organisme à l’insuline. L’insuline est une hormone sécrétée par notre pancréas qui a pour fonction de transporter le glucose dans les cellules pour leur fournir de l’énergie et dans le foie, sous forme de glycogène, pour la stocker. Lorsque l’organisme ne réagit plus à l’insuline, il ne reste qu’une option pour gérer le glucose dans le sang : le transformer en graisse pour le stocker dans les tissus.
  • Par une série de réactions, elle diminue la synthèse de sérotonine, notre “hormone du bonheur”, provoquant démotivation, agressivité, augmentation de l’appétit, et éventuellement dépression.

Le surpoids entraîne une inflammation. L’inflammation entraîne le surpoids. Ce cercle vicieux peut être rompu grâce à des changements dans les habitudes alimentaires, une hygiène de vie incluant de l’exercice physique, et des soutiens micronutrionnels (dont les fameux oméga 3 EPA) et phytothérapeutiques.


Stress

Mécanismes

Le stress chronique et l’anxiété peuvent conduire à la prise de poids. Soit parce qu’on “mange nos émotions”, soit parce qu’ils amènent le corps à stocker les calories.

Ce qui fait qu’on stocke les calories, c’est le trop-plein de cortisol sécrété par l’organisme en situation de stress chronique. Lorsqu’on est stressé sur le long terme, l’organisme se sent en permanence en danger. Il se met alors à faire des réserves d’énergie pour pouvoir faire face au danger (courir en cas d’attaque, avoir des réserves en cas de famine, …). Pour obtenir cette énergie, le cortisol relargue dans le sang un surplus de glucose. Comme on ne l’utilise pas vraiment pour courir mais qu’on reste assis à son bureau une bonne partie de la journée, l’organisme n’a pas l’utilité de cet “extra-dose” de glucose et il le stocke … directement sou forme de tissus adipeux au niveau de l’abdomen.

Sans rentrer dans les détails, le cortisol contribue aussi à créer des troubles du sommeil et des modifications du comportement alimentaire … Qui ont, eux aussi, un impact sur la gestion du poids.

Prise en charge

Que faire face à cela ? Hé bien apprendre à mieux gérer son stress 😉 Plus facile à dire qu’à faire, on est d’accord ! Mais des solutions existent. Pour aller plus loin sur le sujet, rendez-vous sur la page “La gestion du stress”.

Le surpoids étant en lui-même une source de stress pour l’organisme de par l’inflammation qu’il génère, il peut être également utile de mettre en place une complémentation micronutritionnelle ou phytothérapeutique, en parallèle des efforts pour apprivoiser son niveau de stress.


Déséquilibre hormonal

Chez la femme, le stockage de graisses est très dépendant des niveaux œstrogènes. Le cycle menstruel, la grossesse, l’allaitement et la ménopause s’accompagnent donc de variations de poids physiologiques, c’est-à-dire normales. Cependant en cas de déséquilibre hormonal persistant ou exagéré, ces variations de poids peuvent devenir gênantes. L’hyperoestrogénie, notamment, est associée à une prise de poids accompagnée de désagréments tels que la  “culotte de cheval”, la cellulite, les gonflements, etc.

Ces désagréments, ainsi que les antécédents familiaux, le mode de contraception, les signes de syndrome prémenstruel, l’alimentation et le mode de vie, sont à prendre en compte pour faire le point sur l’équilibre hormonal. Un bilan sanguin peut également être prescrit par votre médecin. Et c’est sur l’ensemble de ces éléments que s’appuiera le travail de rééquilibrage avec le naturopathe.


La gestion du poids est donc un problème multifactoriel, plus complexe qu’il n’y paraît. Le rôle du naturopathe consiste à analyser les multiples causes des dysfonctionnements métaboliques pour comprendre celles qui peuvent perturber la gestion du poids dans votre cas, et à vous accompagner dans la mise en place de solutions efficaces naturelles pour un une perte de poids saine et durable.

Le naturopathe ne remplace en aucun cas le médecin. Il ne réalise pas de diagnostic et ne rédige pas d’ordonnance. En cas de doute ou de pathologie associée à une prise de poids, consultez votre médecin.